Samedi 16 juin 2007
La nouvelle bataille des valeurs

Par Dominique Strauss-Kahn


« Pour conclure cette série de réflexions dans « le Nouvel Observateur », je voudrais dire quelques mots des valeurs qui peuvent guider la gauche aujourd'hui. Nous critiquons le monde tel qu'il est et nous voulons le transformer, mais nous ne pourrons le faire qu'en sachant ce que nous voudrions qu'il soit. Le socialisme du réel ne peut se passer de l'idéal d'une société juste. Les Français exigent des partis des réponses concrètes aux problèmes de leur vie quotidienne, mais ils cherchent également dans le discours politique une représentation de ce qu'ils font et peuvent faire ensemble. De ce point de vue, nous n'avons pas perdu en ce début d'année 2007 la seule bataille des projets économiques et sociaux. En laissant Nicolas Sarkozy imposer sa vision de la nation, de l'ordre, du travail, du mérite, nous avons aussi perdu la bataille des valeurs, faute de l'avoir livrée avec nos armes. Il y a, bien sûr, au coeur de la gauche, une aspiration qui traverse les époques : une soif de justice et de liberté, une révolte contre la fatalité, les privilèges et la domination, un humanisme fondamental qui conduit à reconnaître en chaque homme un alter ego. Née des Lumières, elle a été portée par la Révolution française puis par le mouvement socialiste dont nous sommes les héritiers. Elle nous survivra. Mais cette aspiration ne suffit pas à nous définir. Les valeurs elles-mêmes ne sont pas épargnées par le mouvement du réel et de l'Histoire. La gauche est une conscience collective qui cherche sa voie à travers des expériences successives. Nous avançons, nous tâtonnons, nous inventons des modèles ; et à chaque époque nouvelle, nous devons tirer de ce que nous avons appris de nos succès, de nos erreurs et de nos oublis aussi les leçons qui nous permettront de reformuler notre vision du monde.


La liberté ordonnée


Les années 1960 et 1970 nous ont légué une cohérence marxiste et libertaire : alors que les libertés économiques étaient suspectes, les libertés individuelles se trouvèrent sacralisées. Cet héritage demeure notre socle. Face à l'insécurité économique, aux dégâts écologiques, aux inégalités sociales qu'il engendre, nous persistons à vouloir réguler le capitalisme. Contrairement aux libéraux, qui veulent « libérer » le marché de toutes ses entraves, nous continuons de penser, en sociaux-démocrates, qu'il faut organiser la tension entre le capital et le travail. Aussi nous efforçons-nous d'encadrer le fonctionnement du marché. Mais, parallèlement, nous avons progressivement reconnu que la liberté d'entreprendre était source d'efficacité économique et créatrice de richesse. De notre capacité à convaincre de la cohérence de ces deux affirmations - la nécessaire régulation du capitalisme et la nécessaire promotion des entrepreneurs - dépend, pour une bonne part, l'avenir de la gauche. Il nous faut de même concilier la loi et l'ordre. Frappée d'hémiplégie, la gauche a longtemps négligé la répression, confiant à la seule prévention le soin de garantir la sécurité. Une pathologie symétrique conduit aujourd'hui la droite à tout miser sur la répression. Sanctionner sans faiblesse les atteintes à la loi après avoir mis en oeuvre les moyens permettant d'éviter la multiplication des infractions : telle est la voie que doit emprunter un socialisme du réel. Le moment est venu d'entériner cette évolution idéologique. Pour traduire ce double rééquilibrage - de la liberté et de la responsabilité, des droits et des devoirs -, j'aime à parler de liberté ordonnée. Les batailles sémantiques et symboliques sont des batailles politiques ; à l'heure où la droite engage une offensive caricaturale contre l'esprit de Mai-68, je crois important de montrer que la gauche est capable de faire bouger les lignes sans pour autant céder en rien, ni dans les mots ni dans les propositions, à l'idéologie de ses adversaires.


L'égalité réelle


Poser en principe que les seules inégalités sociales et économiques acceptables sont celles qui bénéficient aux membres les plus défavorisés de la société, c'est donner un contenu concret à l'égalité. Il ne s'agit pas d'éliminer les différences « naturelles », même si l'on sait à quel point elles sont socialement et familialement conditionnées. L'égalitarisme niveleur, qui est par exemple à l'origine d'utopies scolaires comme celle du « collège unique », refuse aux plus mal lotis ( promus de classe en classe à l'ancienneté ) l'opportunité de progresser selon des rythmes et des méthodes adaptés à leurs capacités réelles. Parce qu'il bride les talents des plus doués, cet égalitarisme est responsable d'une seconde injustice à l'endroit des moins favorisés : les chances qu'ont ces derniers de bénéficier un jour du fruit des efforts des premiers en sont diminuées. La justice ne consiste pas à nier ou à entraver les talents au prétexte de leur répartition arbitraire, mais à les faire contribuer à l'amélioration des perspectives des membres les moins bien dotés de la société. La conception sociale-démocrate de la République, ce n'est donc pas l'égalitarisme niveleur. Mais ce n'est pas davantage l'ouverture d'une course inégale à la domination telle que la prône Nicolas Sarkozy, lequel semble faire sienne la formule de Hayek : « A ceux qui ont, l'on donnera. » Ma conception, c'est celle de la mutualisation des talents : nous devons les regarder comme des atouts collectifs et nous considérer mutuellement comme les bénéficiaires des avantages résultant de leur épanouissement. Il n'y a rien de choquant à prétendre que l'activité collective de la société est mieux à même que l'égoïsme individuel de soutenir nos efforts, de susciter notre contribution, et de rendre réalisable ce dont nous sommes capables.


La fraternité laïque


A la fragmentation du salariat qui érode le sentiment de classe, à la mondialisation qui désarticule les Etats-nations s'ajoute depuis quelques décennies la montée d'une forme d'individualisme invitant chacun à cultiver son autonomie et à affirmer sa différence. Mais les solitudes et les angoisses qui accompagnent cette nouvelle donne font aussi resurgir les besoins d'appartenance et les revendications identitaires. De nouveaux réseaux de communication et de sociabilité se développent, de nouvelles références territoriales ou religieuses apparaissent, mettant sous tension la conception républicaine de la nation. L'égalité réelle suppose le souci du bien commun. Mais elle ne requiert pas l'uniformité des croyances, des moeurs et des cultures. Respecter l'égalité des droits des citoyens impose de ne pas leur prescrire une manière de vivre déterminée ou une conception particulière du bonheur privé - fût-ce celle de la majorité d'entre eux.


C'est ainsi que la pluralité des orientations sexuelles appelle de la part de la démocratie autant de respect que la diversité culturelle : elle est une richesse que doivent accueillir favorablement les sociétés libres, un des innombrables moyens par lesquels ces dernières échappent à l'uniformité. Il y a toutefois un point sur lequel nous ne devons pas, à mon sens, transiger : notre refus d'une communautarisation insidieuse de la société et de l'espace public qui, en enfermant les individus dans des identités figées et en imposant une représentation ethnicisée de la société, perpétuerait durablement les inégalités. Loin de tout archaïsme, notre attachement viscéral à la laïcité reste, de ce point de vue, un combat pour l'émancipation et l'égalité.


Là aussi, la doctrine de la gauche doit faire la part entre la fidélité à son héritage idéologique et la prise en compte des nouvelles réalités sociologiques. L'hospitalité que la démocratie accorde aux différences n'est pas faite d'indifférence aux individus et aux valeurs : elle résulte de la séparation à laquelle procède la démocratie entre le public et le privé d'une part, le politique et le religieux d'autre part. La démocratie ne peut donc admettre qu'au nom de leur singularité personnelle ou de leur particularisme culturel des individus ou des groupes remettent en question la laïcité, condition même de la tolérance dont ils bénéficient.


Le progrès maîtrisé


Comment achever l'esquisse d'une refondation de la gauche sans revenir sur la notion de progrès ? Cette dernière n'est plus à la mode. Le repli sur elle-même d'une société inquiète laisse douter du progrès social ; les bouleversements environnementaux font voler en éclats l'illusion de l'asservissement sans limites de la nature ; l'émergence de nouvelles interrogations morales, liées par exemple à l'utilisation des cellules souches ou des OGM, effraie autant qu'elle fascine. La défiance qu'inspire l'idée de progrès se nourrit de l'opacité qui entoure les expérimentations scientifiques comme les grands choix technologiques, notamment en matière énergétique. Aussi est-il sans doute nécessaire de placer ceux-ci sous un rigoureux contrôle démocratique. Mais refuser toute dérive scientiste ne nous dispense pas de renouer avec le règne de la raison, qui est, depuis deux siècles, la marque des progressistes. Rejeter frénétiquement l'expérimentation scientifique, s'abriter couardement derrière la recherche du « risque zéro », voilà qui pave la voie d'un retour de l'obscurantisme que la vénération de la nature tente d'habiller idéologiquement. C'est, ici encore, l'identité même de la gauche qui est en jeu. Réel et donc rationnel : tel est le socialisme que je veux aider à refonder. »

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Samedi 2 juin 2007

Retrouvez ci-dessous la tribune de Dominique Strauss-Kahn parue dans le journal Le Nouvel Observateur (semaine du 31 mai 2007).

Trois ruptures pour une refondation à gauche

Par Dominique Strauss-Kahn

Pour une société juste

  « Nous venons de subir une troisième défaite consécutive à l’élection présidentielle. Manifeste au soir du 6 mai, elle était latente depuis le premier tour, le 22 avril : jamais le score de la gauche n’avait été aussi bas. La défaite vient de loin. Elle  sanctionne un refus, celui de nous réformer. C’est à cela que je veux aujourd’hui m’attacher.

Rendre un avenir à la gauche : voilà l’enjeu. Il faut le faire en regardant le monde tel qu’il est, avec les Français tels qu’ils sont.

Le socialisme du réel doit être celui d’une gauche efficace au temps de la mondialisation. Trois principes l’animeront : une vraie compréhension des inégalités et non pas une grille de lecture dépassée, une efficacité sociale et non pas des slogans inopérants, une stratégie émancipatrice redonnant de la force à l’idée de progrès.

Osons le dire : notre lecture de la lutte des classes est totalement dépassée.

Il est devenu commun d’annoncer la "fin d’Epinay", c'est-à-dire l’épuisement du grand cycle historique de la gauche française, né en 1971 de l’unification des socialistes par François Mitterrand autour d’un mot d’ordre, la rupture avec la société capitaliste, et d’une stratégie politique, l’Union de la gauche. Nous devons tourner cette page pour ouvrir un cycle nouveau.

Nous devons le faire pour les raisons que chacun perçoit : parce qu’il est temps que les nouvelles générations de la gauche puissent écrire leur propre histoire ; parce que cette rhétorique révolutionnaire a depuis longtemps perdu tout rapport avec notre pratique du pouvoir ; parce que l’état actuel des forces à gauche pose la question de notre stratégie et de nos alliances.

Mais nous devons le faire pour une raison plus profonde : le cycle d’Epinay est achevé parce que la vision de la société sur laquelle il reposait est devenue caduque.


 "La lutte des classes", la réduction "en dernière instance" de l’ensemble des inégalités au clivage capital / travail, l’illusion d’un prolétariat homogène et uni entraînant dans son sillage l’ensemble du salariat ne constituent certes plus les principaux leitmotivs du discours socialiste. Mais faute d’avoir réalisé lors des dix dernières années notre aggiornamento, notre analyse de la société continue de s’inspirer d’une vague lecture marxiste, héritée des années 1960, qui analyse les problèmes économiques et sociaux à partir du vieux triptyque couches populaires / couches moyennes / détenteurs du capital, sous l’angle exclusif de l’affrontement et de l’équilibre entre ces classes sociales.

C’est le décalage croissant entre les mutations, accélérées, de la société française et nos grilles de lecture, obsolètes, qui compose à mes yeux la toile de fond de nos revers électoraux. Pour le dire autrement, il me semble qu’en 2002 comme en 2007, nous avons d’abord buté sur notre inaptitude à analyser la nouvelle réalité sociologique française.

Cette nouvelle réalité, c’est celle de la fragmentation sociale.

Les inégalités traditionnelles n’ont pas disparu dans la société française des années 2000 : la mondialisation exacerbe la subordination du monde du travail aux détenteurs de capitaux. Les disparités de revenus et de patrimoine entre les cadres et l’ensemble des salariés d’exécution, qui agrége les ouvriers à la masse des employés du tertiaire aux salaires peu élevés, ne se réduisent guère.

Mais ces inégalités traditionnelles n’expliquent plus la dynamique sociale. Un puissant processus d’individualisation a fait imploser les anciennes "classes". Il n’est pas indifférent d’avoir un emploi ou de disposer de revenus de transfert, de bénéficier d’un CDI ou d’évoluer dans l’univers des CDD, de travailler dans une grande entreprise ou dans une PME, dans une zone tirée par la mondialisation ou frappée par la désindustrialisation, dans le secteur public ou dans le secteur privé. A cela s’ajoute tout ce qui ne relève pas du statut socio–professionnel mais joue un rôle décisif dans la distribution des richesses et des possibilités d’épanouissement personnel : les inégalités entre les sexes et entre les générations, ainsi que les discriminations raciales. Tout ceci se résume dans ce qui traduit une large part du malaise français : les inégalités territoriales.

Il n’y a pas deux France, "la France d’en haut" et "la France d’en bas", la France qui va bien et la France qui souffre, mais une France éclatée en mille univers : celui des jeunes de banlieues et celui des retraités des zones rurales, celui des nouveaux prolétaires des industries de l’Est, celui des travailleurs précaires maintenus aux marges de la société, celui des salariés qui ne jugent pas toujours légitime l’effort fait en direction de moins bien lotis qu’eux.

Le temps n’est plus où la gauche pouvait se contenter d’être le porte-parole du seul prolétariat dans un monde injuste. Aujourd’hui, elle doit redéfinir ce qui fonde une société juste.

Nicolas Sarkozy a fait son miel des antagonismes que nourrit l’hétérogénéité sociale. En choisissant ses boucs émissaires, en épousant la méfiance spontanée qu’inspirent les "assistés" aux salariés "qui se lèvent tôt", en opposant la France des campagnes à celle des "racailles", il s’est donné les moyens de réunir une majorité. Il a joué sur les peurs et les rancoeurs, mais aussi sur l’espoir d’une énergie nouvelle. Je suis convaincu qu’il sera impossible pour la gauche de reconquérir le pouvoir et de l’exercer durablement si elle ne prend pas, elle aussi, la mesure de cette nouvelle société française. C’est cette mise à jour qu’il nous faut faire. C’est à ce socialisme du réel que je veux convier la gauche et les Français.

Pour retrouver une crédibilité politique, nous devons éviter trois écueils : ignorer la fragmentation sociale en imaginant qu’on peut encore construire un "front de classes" à l’ancienne autour de quelques mots d’ordre anticapitalistes et altermondialistes ; capituler devant la "société des individus" en courant après tous les mouvements sociaux et en se laissant disloquer par toutes les revendications ; contourner le problème en faisant de la démocratie participative ou du nécessaire dialogue social une fin en soi.

Pour moi, trois pistes mènent à notre rénovation idéologique.

D’abord, la promesse d’un Etat social à nouveau efficace.

Chacun constate combien il s’est dégradé depuis 2002. Je crains que les dégâts à venir ne soient comparables à ceux qu’infligea le thatchérisme au Royaume-Uni des années 1980. Mais je crois aussi que s’enfermer dans la seule défense des acquis condamne la gauche à n’être qu’un rempart vite contourné face au réformisme libéral. Pour rester fidèle à ses valeurs, la gauche doit reconnaître la nécessaire adaptation de notre modèle social aux défis de la mondialisation, du vieillissement démographique et de l’individualisation des situations. Rien n’est tabou : sur le financement des retraites, l’évolution du système de santé, la réforme du marché du travail, la reconfiguration territoriale des services publics, les électeurs potentiels de la gauche attendent de notre part un discours de vérité pour reconstituer notre crédibilité.

La gauche doit aussi répondre à la demande de protection face à la mondialisation : je continue de penser que la construction de l’unité politique de l’Europe est la seule réponse stratégique sérieuse que les socialistes puissent opposer aux contradictions du discours de Nicolas Sarkozy, qui a promis tout à la fois le libre marché au CAC 40 et le protectionisme aux salariés.

Enfin, cet Etat social renouvelé doit désormais promouvoir cette catégorie d’entrepreneurs qui inventent notre avenir. Nous devons les considérer comme d’authentiques acteurs du progrès social et non comme des "ennemis de classe" à vouer aux gémonies.

La deuxième piste est celle d’un nouveau compromis social.

Nous devons assumer plus clairement nos priorités politiques et définir le type de société que nous voulons bâtir : quel partage de la valeur ajoutée, quel arbitrage entre la progression du pouvoir d’achat des différentes catégories de salariés et le soutien à la lutte contre l'exclusion et au noyau dur du chômage ? Est-il concevable que nous revenions devant les électeurs sans avoir déterminé la répartition de l’effort fiscal qui nous semble souhaitable ?

La troisième piste enfin touche à l’utopie fédératrice de l’égalité réelle et d’une société juste.

Adopter le socialisme du réel que je préconise, ce n’est pas se résigner au pragmatisme et à l’ordre établi : il s’agit de faire face à la réalité pour pouvoir la changer. Je crois d’ailleurs que la gauche ne peut se passer, dans notre pays, de cet horizon d’une transformation radicale de la société qui, depuis la Révolution, donne sens à ses combats.

La "rupture avec le capitalisme" a cédé la place à un nouvel objectif tout aussi stimulant : la construction par l’égalité réelle d’une société juste.

L’égalité réelle, c’est d’abord l’égalité des droits, la lutte contre les discriminations sexistes, raciales, générationnelles, territoriales. Mais c’est aussi la lutte contre la reproduction sociale qui demeure, malgré la "massification" du système scolaire voulue par la gauche, une réalité structurante de la société française.

Articulé autour de propositions audacieuses et d’engagements financiers précis en matière d’éducation, de santé et de logement, ce mot d’ordre peut, lui aussi, être fédérateur dans une France qui aspire profondément à relancer l’ascenseur social. Si la gauche ne se fixe pas cette nouvelle frontière comme horizon, on pourra légitimement se demander à quoi elle sert.

Le socialisme est d’abord une protestation contre l’ordre existant. Mais il exprime aussi une volonté d’émancipation concrète. C’est ce que je développerai dans ces colonnes lors des quinze jours à venir. »

par Socialisme & Démocratie 66 publié dans : sd66
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Jeudi 10 mai 2007

Dominique Strauss-Kahn «disponible» pour «le collectif et la rénovation» du PS

«Oui, je pense qu'il faut rénover et je suis disponible pour ça», a affirmé jeudi Dominique Strauss-Kahn, prônant «le collectif et la rénovation» pour retrouver une gauche «crédible et efficace».

«Oui, je pense qu'il faut rénover et je suis disponible pour ça. Sans doute d'autres ne le sont pas et veulent continuer sur la ligne qui a été celle qu'on suivie jusqu'à maintenant et que je crois erronée», a déclaré le député du val d'Oise sur France-Inter. «Et je ne vois pas en quoi se dire disponible au service de son parti est quelque chose qui serait indécent», a-t-il ajouté en référence aux critiques déclenchées par ses propos dimanche soir lors de la soirée électorale.

«Le problème, c'est que ce n'est jamais le bon moment. Ce n'est jamais le bon moment pour dire 'ça ne va pas, on s'est trompé, il faut regarder les choses en face»', a-t-il précisé.

L'échec de la présidentielle «vient de loin et repose sur le fait que les socialistes se sont éloignés du réel. Les Français ont compris que nous ne sommes plus dans le monde d'il y a 20 ans», a ainsi estimé DSK. «Nous n'avons pas donné aux Français le sentiment que nous étions ancrés sur les questions réelles qui sont celles de la société».

Reconnaissant dresser un constat «sévère» dans lequel il affirme prendre «largement (sa) part», l'ancien ministre de l'Economie de Lionel Jospin a estimé que le PS devait refonder sa ligne idéologique avant de songer à des alliances. «Ce n'est pas un problème d'alliance, ce n'est pas un problème de combinaisons, c'est un problème de fond», a-t-il jugé, précisant que son «mot d'ordre» était «le collectif et la rénovation», respectivement pour les législatives et cette refondation.

«La présidentielle est derrière nous, et les présidentiables aussi. Ce qui compte aujourd'hui, à mon avis, ce ne sont pas les personnes, c'est, justement, ce que la gauche est capable de dire aux Français», a-t-il encore déclaré, affirmant que la question du leadership au PS «n'est pas tranchée de (son) point de vue».

«Il y a un Premier secrétaire du Parti socialiste, il y a une ancienne candidate à l'élection présidentielle, il y a des anciens Premiers ministres, il y a beaucoup de responsables», a expliqué le député du Val d'Oise. «Moi je souhaite quelque chose de collectif. Pour cela nous avons des instances, il faut les faire vivre». AP

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Lundi 30 avril 2007

Ségolène Royal a déclaré au quotidien Le Monde que Dominique Strauss-Kahn "pourrait être un très bon Premier ministre".

"Un homme talentueux et imaginatif"
"Dominique est présent à mes côtés à sa demande et je m'en félicite. C'est un homme talentueux et imaginatif. Il pourrait être un très bon Premier ministre, si tel est mon choix", dit-elle dans cet entretien que le quotidien publie lundi.

La candidate socialiste à l'élection présidentielle a déjeuné la semaine dernière avec l'ancien ministre de l'Economie, qui avait été, avec Laurent Fabius, son rival malheureux dans la course à l'investiture présidentielle du PS à l'automne dernier.

Accord de gouvernement avec Bayrou
Dans le même entretien, Ségolène Royal redit qu'elle ne s'interdit pas de prendre François Bayrou comme Premier ministre si elle est élue et de sceller un accord de gouvernement avec toutes les composantes d'une majorité présidentielle.

La candidate socialiste précise qu'il y aura des accords de désistement aux élections législatives en juin si le dirigeant centriste rejoint sa majorité présidentielle. "Si une majorité présidentielle se constitue, ainsi qu'un gouvernement, il faudra un accord entre organisations pour constituer une majorité parlementaire, capable de mettre en oeuvre le pacte présidentiel", explique-t-elle.

Selon elle, c'est aujourd'hui à François Bayrou de se définir. "S'il vient sur la majorité présidentielle, il fera partie de la majorité présidentielle. Comme toutes les autres forces politiques qui ont appelé à voter pour moi", dit-elle.

Priée de dire si, à ses yeux, le Parti socialiste est prêt à de tels accords, Ségolène Royal répond : "C'est la dynamique politique qui va le définir. Là, je construis une majorité présidentielle dans la cohérence, la clarté, le respect des partenariats et les valeurs du progrès économique, social et écologique."

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Lundi 30 avril 2007

Grand concert-meeting "Pour nous, c'est Elle" Mardi 1er mai à 15h30 au stade Charlety.


 
Ségolène Royal, candidate à l'élection présidentielle a le plaisir de vous convier à un

GRAND CONCERT-MEETING, "Pour nous, c'est Elle",

Mardi 1° mai à 15h30 AU STADE CHARLETY

Avec la participation de nombreux artistes

BENABAR, CALI, Michel DELPECH, DISIZ LA PESTE,

GRAND CORPS MALADE, Leny ESCUDERO,

Kery JAMES, MAFIA K1FRY, MIOSSEC, MOKOBE,

YANNICK NOAH, RENAUD, SAPHO, TETES RAIDES

ET L'INTERVENTION DE SEGOLENE ROYAL

Concert gratuit

Stade Charléty

99 boulevard Kellermann

75013 Paris

RER Cité universitaire

OUVERTURE DES PORTES A 15H30 AVEC ANIMATIONS

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Dimanche 29 avril 2007

La rencontre entre Ségolène Royal et François Bayrou qui s'est tenue aujourd'hui 28 avril à Paris a permis de mettre à jour des points d'accords entre la candidate socialiste et le leader centriste.

Tous deux ont préféré parler de "dialogue" que de "ralliement" : "Plutôt que de parler de débat je préfère dire dialogue" a estimé Ségolène Royal. Sur un certain nombre de sujets difficiles, nous pouvons faire émerger un certain nombre de convergences, qui vont permettre à la France de se redresser". Pour François Bayrou, "rien n'est plus nécessaire dans la vie politique française que de faire bouger les lignes".

 

  • Sur la réforme des institutions :

La candidate socialiste a rappelé qu'elle met "au premier rang de la rénovation de la vie démocratique" la démocratie participative. Mais elle a aussi décliné ses propositions de VIème République : la suppression du 49-3, la réforme des institutions, les jurys citoyens. Ségolène Royal a également souhaité l'organisation d'un référendum sur une nouvelle République.

Le candidat de l'UDF a estimé qu'il fallait "bâtir le pluralisme". Il a rappelé son attachement à l'introduction d'une dose de proportionnelle aux législatives. Et sa volonté de réformer le Parlement, contre "la concentration des pouvoirs". Ségolène Royal a rappelé que ces propositions figuraient dans son Pacte présidentiel et ajouté qu'elle réformerait le Sénat, "pour y permettre l'alternance". François Bayrou a lui aussi critiqué les institutions de la Vème République, estimant que "ça suffit, les pouvoirs concentrés dans une seule personne".
  • Une loi contre la concentration des médias :

François Bayrou a réitéré ses critiques contre la concentration des médias, en pointant les difficultés d'organiser ce débat. "A qui cela peut-il nuire, que comme candidats, nous discutions ensemble du pays ? " Ségolène Royal a affirmé que les mesures anti concentration des médias figurent dans son Pacte présidentiel.

Ségolène Royal et François Bayrou ont rappelé leur attachement à une loi qui change les règles sur ce point.

 

  • Un nouveau traité européen :

François Bayrou a déclaré qu'"une grande majorité de Français savent qu'il n'y a aucun avenir pour notre pays sans une Union européenne qui parle d'une voix forte dans le monde". Il a appelé à la mise en œuvre d'un nouveau texte constitutionnel européen "court, lisible". Une proposition approuvée par la candidate socialiste, qui a estimé que "chacun sent bien que l'Europe doit d'abord défendre les valeurs humaines". Ségolène Royal a ajouté que l'Europe doit avancer sur les questions sociales et plaidé pour une réforme de la Banque centrale européenne.

 

  • Relation entre la police et la population :

Ségolène Royal a estimé que ces rapports "se sont aggravés". Elle a dénoncé la suppression de la police de proximité, proposant de mettre en place une police de quartier. La candidate socialiste a critiqué le manque de moyens de la justice, qui doit sanctionner "de manière proportionnée", "dès le premier acte de délinquance".

François Bayrou s'est dit globalement en accord avec Ségolène Royal sur ces questions. Celui-ci a souligné la tension dans les rapports entre la police et la population, déclarant que "cette montée des tensions très nuisible pour la France". Pour lui, "le fait de priver un certain nombre de quartiers de services publics" était "une faute".

Sur les questions de la sécurité et de la prévention, Ségolène Royal et François Bayrou sont en accord, ce dernier critiquant implicitement Nicolas Sarkozy. "Ceux qui croient uniquement à la sanction se trompent", a-t-il déclaré.

 

  • Enfin, sur les questions économiques :
Ségolène Royal a concédé que "sur les questions économiques, nous avons des désaccords". Mais "je ne suis pas une femme de dogme", a-t-elle précisé tout en rappelant la démarche des débats participatifs qui ont constitué la première phase de sa campagne. La nouvelle croissance économique s'appuie sur "la compétitivité économique" mais aussi sur "la compétitivité sociale", a-t-elle précisé.
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Samedi 28 avril 2007
DDA A la une
[27/04/07]

"Ce qui nous rassemble est plus important que ce qui nous différencie. Voilà la rénovation politique que je vous propose"


Ségolène Royal en meeting à Lyon.
 

"La politique peut et doit encore beaucoup et, de jour en jour, je me sens de plus en plus prête à assumer la présidence de cette France présidente et c'est pour cela que je vous demande de me faire confiance".

"Je pense de plus en plus à François Mitterrand et à ce 10 mai 1981, et je crois que le profond désir d'alternance est aussi fort, aussi puissant et nous avons le devoir de le réussir et je sais qu'avec vous, cette réussite, cette victoire, elle devient ce soir possible. Je me bats avec vous pour gagner et cette victoire, nous allons l'arracher ensemble".

Ségolène Royal réitère son appel au rassemblement devant 15 000 personnes :"Je tends aujourd'hui la main pour un vaste rassemblement des républicains de progrès". "J'appelle tous ces hommes et toutes ces femmes à venir soulever la vague de la victoire qui permettra à la France de changer". "Rejoignez-moi!"

Elle estime qu'"à l'approche de ce second tour, on voit que les choses se simplifient, que les messages se clarifient". "Vous allez avoir le choix entre le candidat soutenu par Berlusconi d'un côté, et la candidate soutenue par Zapatero et par Romano Prodi. Voilà le choix qui est devant vous".

"Ce qui nous rassemble est plus important que ce qui nous différencie. Voilà la rénovation politique que je vous propose". "Elle est possible". Il s'agit d'une "démarche nouvelle" et "surprenante pour quelques-uns, qui nous demande des efforts aux uns et aux autres pour sortir des dogmes, des idées préconçues ou des camps qui s'affrontent".

S'adressant à "la gauche", aux "écologistes" et "au-delà", Ségolène Royal appelle à faire bloc autour d'elle ."Je suis convaincue que nous devons nous rassembler dès lors que nous considérons que les valeurs de paix civile et d'harmonie sociale nous sont communes, même s'il reste ici ou là quelques divergences". Elle évoque également des idées communes à la gauche et au centre sur la dette, le déficit des comptes sociaux ou l'éducation. "Je crois pouvoir rassembler".

Un message qui s'adresse "à tous ceux qui pensent qu'on peut réformer la France sans brutalité", "que l'on peut protéger les exclus tout en étant compétitif sur le plan économique", "que trop de violence latente et contenue risque de se déployer demain dans nos territoires et dans nos quartiers". "A tous ceux qui refusent ces fatalités, et partagent ces valeurs, je les appelle à converger massivement pour que la France puisse réaliser ce changement le 6 mai prochain".

"Je ne me pose pas tous les quatre matins, comme le fait le candidat de l'UMP, en victime". "L'élection présidentielle ne se joue pas sur une victimisation, ou alors il faut faire autre chose. Je pense qu'il faut accepter à ce niveau de responsabilité la force des engagements, la force de la confrontation et l'échange d'idées" et "cesser de se présenter comme une éternelle victime".

"C'est assez drôle, car il n'en a pas vraiment le rôle quand je vois la somme des attaques, des mots violents, des mots de mépris qu'il a pour François Bayrou", ajoute la candidate socialiste.

Ségolène Royal souligne avoir "pris beaucoup de coups dans cette campagne". "Quand on fait le florilège des attaques qu'il fait sur moi dans ses meetings, on en remplirait tout un roman", "J'ai choisi de les ignorer et de ne pas y répondre". "Jamais vous ne me verrez me mettre en position de victime. Je ne suis pas une faible victime, je ne suis pas une faible femme. Je suis, comme disent les Antillais, une femme debout, je suis une femme solide, je suis une combattante! Je vais vous conduire à la victoire. Je sais qu'elle est possible, qu'elle est à portée de main. Elle dépend de nous".

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Lundi 23 avril 2007

ELECTION PRESIDENTIELLE 2007

Résultats du département: PYRENEES ORIENTALES

Candidat Voix % exprimés
Nicolas SARKOZY 84 951 32,19
Ségolène ROYAL 65 486 24,82
Jean-Marie LE PEN 37 494 14,21
François BAYROU 37 481 14,20
Olivier BESANCENOT 11 149 4,23
Marie-George BUFFET 6 917 2,62
Philippe de VILLIERS 4 888 1,85
José BOVÉ 4 197 1,59
Dominique VOYNET 3 374 1,28
Frédéric NIHOUS 3 340 1,27
Arlette LAGUILLER 3 014 1,14
Gérard SCHIVARDI 1 576 0,60
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Samedi 14 avril 2007

Il faut que, dès le premier tour, le 22 avril, se mobilisent tous les hommes et toutes les femmes qui veulent que la France se relève.

 
 
"Il faut éviter à la France une droite encore plus dure, lorsque l'on voit les déclarations du candidat de l'UMP, beaucoup plus dur pour les faibles et beauccoup plus généreux pour les forts", déclare la candidate socialiste devant 400 à 500 personnes à la mairie de Belfort, après avoir visité le site d'Alstom.

"La voulez-vous cette France plus juste, plus calme? Voulez-vous le retour à la paix civile?", demande-t-elle, accusant la droite au pouvoir de "distiller les rancoeurs, les haines de toutes sortes".

Elle attend "un sursaut" de la gauche et demande "à tous les citoyens de gauche, à tous ceux qui hésitent mais qui savent ce que la droite recèle de brutalité, de violence, de guerre civile même, puisque rien n'est réglé dans les cités et les banlieues". "Tout cela est contraire aux valeurs républicaines fondamentales".

Ségolène Royal estime avoir affaire à "une droite dure, qui ne dit pas la vérité, cache ses véritables intentions". Il ne faut " pas oublier" que le candidat de l'UMP "est le candidat sortant".

"Il faut que, dès le premier tour, le 22 avril, se mobilisent tous les hommes et toutes les femmes qui veulent que la France se relève, pour que le 22 avril ne ressemble pas à un certain 21 avril". Elle souhaite recueillir "le plus gros score possible".

Ségolène Royal invite les électeurs à se rendre massivement aux urnes. "J'appelle à la lutte contre l'abstention. Ne vous abstenez pas! Tous ceux qui sont inscrits sur les listes doivent voter. Venez voter en toute liberté, mais votez!"


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Vendredi 6 avril 2007

L’action de Nicolas Sarkozy, ça a été de creuser un fossé entre une large partie des Français et la légitime existence des forces de répression.


Dominique Strauss Kahn sur RTL.
 
Interrogé sur l’omniprésence du thème de la sécurité dans la campagne, Dominique Strauss Kahn répond : « La sécurité est évidemment une question importante, mais quand on en parle comme on en a parlé autour des incidents de la Gare du Nord, par exemple, je pense que l’on ne fait pas avancer le débat. Le débat sur la Gare du Nord, il est intéressant, c’est de savoir pourquoi, finalement, nombre de Français, aujourd'hui, sifflent la police, lorsqu’elle passe. Pourquoi le résultat principal de l’action de Nicolas Sarkozy au ministère de l’Intérieur ça a été finalement de creuser un fossé entre une large partie des Français et la légitime existence des forces de répression. Ça, c’est un sujet de société, grave, et c’est un échec majeur de Nicolas Sarkozy. Ça, il faut en parler. »

Il revient ensuite sur le contrat première chance : « Le problème c’est que nous avons chaque année, 150, 160, 170 000 jeunes qui sortent du système scolaire, sans formation. Ça, c’est un scandale absolu. L’idée de s’occuper des jeunes, ceux qui sont sans qualification, elle est bonne, mais elle n’est pas seulement bonne, elle est indispensable, surtout lorsque, en face, il y a grosso modo 500 000 emplois dans les très petites entreprises, celles qui sont visées justement par cette mesure, et qui ne sont pas pourvues. Donc on a un marché du travail qui ne fonctionne pas, d’un côté 160, 170 000 jeunes, sans qualification, et au chômage et de l’autre côté 500 000 emplois possibles, qui ne trouvent pas à être remplis, à être pourvus, dans les TPE, dans les Très petites entreprises. »

« De la même manière que nous avons réussi avec les emplois jeunes, dans les cités, nous pouvons réussir avec ce contrat première chance. »

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